L'Once d'Or

Le guide indépendant de l'or des particuliers

Fiscalité · France

Vendre son or : quelle taxe, quelles exonérations ?

Deux régimes cohabitent en France : la taxe forfaitaire, simple et sans paperasse, et la plus-value réelle, parfois beaucoup plus avantageuse. Explications et exemples chiffrés.

Publié le 22 juin 2026 · Mis à jour le 6 juillet 2026 · Lecture : 7 min

Bordereau d'achat et pièces d'or sur un bureau
Le bordereau remis le jour même sert aussi de justificatif fiscal

C'est la question que tout vendeur se pose au moment de passer à l'acte : « combien l'État va-t-il prendre ? ». La réponse est plus favorable qu'on ne le croit — et dans bien des cas, notamment pour les bijoux, la fiscalité est tout simplement nulle. Encore faut-il connaître les deux régimes applicables et choisir le bon.

L'essentiel en 30 secondes

Ce qu'il faut retenir

Bijoux vendus moins de 5 000 € : aucune taxe. Au-delà, et pour l'or d'investissement (lingots, pièces) : taxe forfaitaire de 11,5 % du prix de vente, prélevée par le professionnel — ou, sur option et avec justificatifs, taxation de la seule plus-value réelle, avec exonération totale après 22 ans de détention.

Le régime par défaut : la taxe forfaitaire sur les métaux précieux (TMP)

Lorsqu'un particulier vend de l'or d'investissement (lingots, lingotins, pièces cotées) à un professionnel en France, la vente est soumise par défaut à la taxe forfaitaire sur les métaux précieux : 11 % du prix de vente, auxquels s'ajoute 0,5 % de CRDS, soit 11,5 % au total.

Son grand avantage : la simplicité. Le professionnel acheteur calcule la taxe, la déduit du prix et la reverse lui-même à l'administration (formulaire 2091). Vous n'avez aucune déclaration à faire, et le montant qui vous est versé est net d'impôt. C'est l'une des raisons pour lesquelles la vente en comptoir, bordereau à l'appui, est le circuit le plus serein — nous y revenons dans notre guide de la vente d'or à Paris.

Le cas particulier — et très favorable — des bijoux

Pour les bijoux (ainsi que les objets d'art et de collection), la taxe ne s'applique que si le prix de vente dépasse 5 000 €. En dessous de ce seuil : exonération totale, sans condition. Concrètement, la grande majorité des reprises de bijoux des particuliers — une chaîne, deux alliances, une gourmette — échappe entièrement à l'impôt. Pour estimer ce que représente votre lot, voyez notre guide Reprise de bijoux.

L'option : le régime de la plus-value réelle

Si vous pouvez justifier de la date et du prix d'acquisition de votre or (facture nominative, déclaration de succession ou de donation), vous pouvez opter pour le régime général des plus-values sur biens meubles. Dans ce cas :

Exemple chiffré

Vous vendez 10 000 € un lot de Napoléons acheté 6 000 € il y a 12 ans, facture à l'appui.

Régime Calcul Taxe due
Taxe forfaitaire (défaut) 10 000 € × 11,5 % 1 150 €
Plus-value réelle (option) 4 000 € × 36,2 %, abattement 50 % (10 ans au-delà de la 2e) ≈ 724 €

Ici, l'option pour la plus-value réelle économise plus de 400 €. Elle serait encore meilleure avec une détention plus longue — et nulle au-delà de 22 ans. À l'inverse, sans justificatif d'achat, la taxe forfaitaire s'applique obligatoirement : conservez précieusement factures et bordereaux.

« La facture d'achat de votre or vaut de l'argent : elle ouvre droit au régime de la plus-value et, avec le temps, à l'exonération totale. »

Vendre à l'étranger : attention aux fausses bonnes idées

On lit parfois qu'il suffirait de vendre son or en Belgique pour échapper à toute taxe. La réalité est plus nuancée : un résident fiscal français reste tenu de déclarer lui-même la cession (formulaire 2093) et de s'acquitter de la taxe dans le mois suivant la vente. L'« économie » repose donc sur une omission déclarative, avec les risques qui l'accompagnent. À cela s'ajoutent le transport d'objets précieux et les obligations de déclaration d'espèces aux frontières. Pour la plupart des vendeurs, un comptoir français établi, qui gère toute la fiscalité à votre place, reste le choix le plus sûr.

En pratique : ce que fait le comptoir pour vous

Dans une maison sérieuse, la mécanique fiscale est invisible pour le vendeur : identification du régime applicable, calcul, retenue et reversement de la taxe, remise du bordereau qui vous sert de justificatif. À Paris, des maisons établies comme Euro Pièce d'Or — 112 rue de Richelieu, Paris 2e établissent ce bordereau le jour même et règlent par virement immédiat, taxe déjà déduite quand elle est due. Vous repartez avec un prix net et un document en règle.